Protection civile vaudoise

DiplĂ´me fĂ©dĂ©ral d’instructeur PCi

Le lieutenant Yan Mattei vient de terminer sa formation d’instructeur de la protection civile. Il a reçu son diplĂ´me fĂ©dĂ©ral le 24 juin 2016  lors d’une cĂ©rĂ©monie Ă  Schwarzenburg (BE).

EngagĂ© en aoĂ»t 2014, Yan Mattei a suivi toutes les formations de base dispensĂ©es Ă  Gollion avant de commencer sa formation fĂ©dĂ©rale en mars 2015. Cette annĂ©e lĂ , il a passĂ© 10 semaines d’affilĂ© entre avril et juin Ă  Schwarzenburg puis il y est retournĂ© pour 7 semaines entre aoĂ»t et septembre. En 2016, il a encore effectuĂ© 7 semaines de cours dont certains au sein de la classe suisse-allemande.

L’ensemble des collaborateurs de la division protection civile du SSCM tient Ă  fĂ©liciter le dĂ©sormais premier-lieutenant Mattei pour son succès et se rĂ©jouit de le voir Ă©voluer dans ce mĂ©tier qui est maintenant le sien.

Pour expliquer en quelques mots en quoi consiste la formation pour devenir instructeur de protection civile, il faut parler de la durée de cette formation et comment elle se fait.

Avant la formation :

Pour pouvoir intégrer la prestigieuse école de la Confédération (OFPP, Office fédéral de la protection de la population), il faut avoir suivi au moins une école de formation de base complète dans les filières dans lesquelles on va se spécialiser. 2 filières au minimum doivent être suivies entre l’appui, l’aide à la conduite ou l’assistance. La formation se fait en cours d’emploi par des modules de 1 à 3 semaines sur une durée de 15 mois au minimum mais doit être réalisée dans un délai de 4 ans au maximum. La majorité des modules se déroulent à Schwarzenburg, petite bourgade dans les Préalpes bernoises. Là-bas, la confédération dispose d’un centre de compétence pour former des spécialistes de la protection civile ainsi que des instructeurs. Pour certaines spécialisations, les cours se donnent dans d’autres lieux plus adapté aux particularités du domaine, comme par exemple le PCi 51 formation Appui qui se déroule intégralement à Sugiez sur le canton de Fribourg.

La formation se sépare en trois parties bien distinctes

La première partie :

Les modules de mĂ©thodologie de l’instruction se veulent un Ă©lĂ©ment indispensable pour permettre aux aspirants instructeurs de pouvoir construire, animer, agrĂ©menter des phases d’instructions. En plus de ces Ă©lĂ©ments, grâce Ă  une partie plus psychologique sur les Ă©tapes qui s’opère lors de formation de groupes ou de classe, j’ai pu comprendre sa dynamique et  faire interagir les participants entre eux Ă  l’aide de technique de travail permettant soit des travaux de groupes, voire de partenaires ou encore individuel. On y dĂ©couvre Ă©galement les formes de la communication possible tel que le monologue, le plĂ©num ou l’autologue.

La deuxième partie :

Ces modules de base acquis, un apprentissage de la PCi intervient. Connaître les lois qui la régissent, son histoire depuis sa création, son cercle de possibilité, son utilité première, ses moyens ainsi que les réformes qu’elle a subie. J’en retire une certitude, celle que la protection civile va devenir une nécessité dans un avenir proche et qu’un organisme de cette taille doit se doter de lois pour encadrer son fonctionnement.

La troisième partie :

Puis une fois toutes ces informations digĂ©rĂ©es, les modules de spĂ©cialisation peuvent commencer. Pour chacun d’entre eux, 3 semaines consĂ©cutives, avec Ă  la carte un approfondissement du domaine, aller plus beaucoup plus loin que simplement la base, comme par exemple dans l’appui (sauvetage), savoir les prescriptions de sĂ©curitĂ© de chaque engin, son ou  ses utilitĂ©s sur le terrain, ĂŞtre en mesure de le manier correctement, de l’entretenir ainsi que de son nettoyage. Ce module m’a permis de me familiariser avec le domaine de l’appui mais aussi me sentir Ă  l’aise avec chaque engin et surtout reconnaĂ®tre les risques et danger encouru dans certaines situations.

Dans l’aide Ă  la conduite, deux orientations sont Ă©tudiĂ©es. La première Ă©tant la tĂ©lĂ©matique avec le fonctionnement du rĂ©seau POLYCOM, l’utilisation complète des radios ainsi que des appareils compatibles. La seconde Ă©tant le suivi de la situation avec la maĂ®trise de l’information de son acquisition Ă  sa retransmission Ă  tous les Ă©chelons. Le cours d’aide Ă  la conduite fut tout bonnement passionnant tant par ces aspects techniques que de la diversitĂ© des thĂ©matiques abordĂ©es.

Dans chacun de mes modules de spécialisation j’ai eu la chance d’être formé par des gens passionnés, cela fait toute la différence au niveau de la réceptivité. Chacun de ces modules sont suivi par un stage pratique durant une école où les experts de l’OFPP viennent examiner la capacité des futurs instructeurs à instruire à leur tour la matière ainsi étudiée.

Ces modules validés, un cours complémentaire est à suivre qui fournit une base de travail pour instruire à un échelon supérieur tel que des chefs de groupe ou chefs de section, la formulation des objectifs ainsi que le niveau à atteindre doit être adapté par rapport à un astreint qui commence.

La finalité de cette formation est un module de trois semaines, axé sur la pratique, l’objectif étant de conceptualiser, animer et analyser un cours de répétition. L’OFPP planifie un lieu où ce cours de répétition se déroulera, la région concernée adresse ces missions et ces attentes ainsi que les moyens qu’elle est prête à mettre à disposition pour permettre aux aspirants instructeurs d’atteindre les objectifs. Dans mon cas, ce fut la région de Neuchâtel, l’OPCLC (Littoral centre). La quantité de produits à rendre ainsi que le rythme est extrêmement soutenu, obligeant les instructeurs à travailler durant 18 à 20 heures quotidiennement. Malgré la fatigue et les diverses embuches, ce module apporte une grande expérience, surtout sur un plan humain car les frictions sont nombreuses donc une bonne entente est nécessaire pour réussir à concrétiser l’ensemble du module.

Voilà donc à quoi ressemble la formation d’instructeur de la protection civile.

plt Yan Mattei